Retour sur la septième édition d’Eurêkartes, la soirée où les sciences se prêtent au jeu ! Eurêkartes #7 a eu lieu le 19 mars 2026 au bar ludique « Le Deck », à Orsay.
Fictions et émotions au programme
Rétrospective sur la septième édition d’Eurêkartes. L’évènement, organisé à l’occasion de la Semaine du Cerveau 2026, accueillait cette fois Valentin Thouzeau, enseignant-chercheur à l’Université PSL, qui étudie les raisons qui poussent notre cerveau à aimer la fiction.
À l’occasion, il a emmené le public à la découverte de ces curieux mécanismes mentaux qui nous mènent à apprécier les histoires fictives.
Pourquoi aime-t-on la fiction ?
Pourquoi raconter des histoires ?
C’est la question que se pose Valentin Thouzeau : pourquoi les humains apprécient-t-ils globalement les fictions ? Contrairement à beaucoup d’autres comportements humains, tel que la faim, le besoin de raconter des fictions n’aide pas à survivre…
D’après ses recherches, nous dit-il, l’humain aime la fiction parce qu’elle crée des émotions fortes.
Les « applications au démarrage » de notre cerveau.
Il y a longtemps, Charles Darwin, naturaliste auteur du concept de sélection naturelle, avait découvert que toutes les caractéristiques ou les comportements d’un animal s’expliquaient par l’évolution. Il l’avait remarqué avec les paons, par exemple, qui portent une queue lourde. Bien qu’elle les rende plus vulnérables aux prédateurs, elle facilite suffisamment la reproduction pour rester avantageuse, et les paons évoluent pour avoir une queue toujours plus remarquable.
L’humain, quant à lui, a ses propres comportements instinctifs, ses « applications au démarrage » codées par l’évolution : par exemple, la peur des prédateurs. Avoir peur des serpents, des araignées, des loups, c’est inné ! Bien plus que d’avoir peur des cigarettes, qui pourtant, tuent aujourd’hui beaucoup plus.
En se racontant des histoires, l’humain stimule ces mécanismes mentaux. Ceux-ci peuvent être tantôt négatifs : dans les récits de monstres ou d’horreur, la peur des prédateurs ou la peur « sociale » – c’est à-à-dire la peur du comportement d’autrui – sont sollicités. Ou tantôt positifs : les récits de voyage ou d’aventure sollicitent l’attrait pour les environnements généreux en ressources – appétence héritée de nos ancêtres nomade –, tandis que les romances titillent le sentiment amoureux.
Les dragons, une histoire universelle.
Alors qu’ils n’existent pas, les dragons sont présents dans les histoires de toutes les cultures, et curieusement, ils rassemblent toujours les traits les plus effrayants des prédateurs, les plus stimulants pour notre cerveau : une grande taille, des griffes et des crocs, des écailles… Ces créatures fascinent car elles représentent un concentré de tous les prédateurs qui nous font peur. Il en va de même pour les géants et autres créatures de légendes.
Valentin appelle ces monstres des « cheesecakes » : l’humain a cumulé tous les ingrédients qui le stimulaient pour en faire un unique plat surstimulant !
« Dis-moi ce que tu consommes, je te dirai qui tu es »
Tout le monde n’aime pas les mêmes histoires. À première vue, on pourrait penser que l’humain lit des histoires pour compenser un manque, par exemple de l’aventure s’il veut s’évader ou n’est pas satisfait de sa vie, ou de la romance s’il est célibataire ou manque de lien affectif.
Valentin, au cours de ses recherches, étudie si ces hypothèses se vérifient. Or, en interrogeant des lecteur·ices de romances, on remarque qu’ils sont en couples plutôt que célibataires, donc pas en manque de lien affectif. De même, les lecteur·ices d’aventure sont aussi ceux qui aiment le plus voyager dans leur vie, mais pas ceux qui se sentent le moins bien dans leur vie.
Il semble donc que les œuvres consommées par chacun·e correspondent aux mécanismes les plus stimulants pour ces personnes, donc à ce qu’elles aiment vivre, même au-delà des fictions.
Un moment ludique et immersif
Après une présentation riche en échanges et questionnements, les participant·es ont prolongé la soirée avec une sélection de jeux de société stimulant les imaginaires : Dixit, Pour la Reine, Le seigneur des Anneaux : la communauté de l’Anneau, Nobi Nobi, Nouvelles ContRées, Andor, Comment j’ai adopté un robot… De quoi trouver son bonheur pour se représenter exercer les différentes mémoires, que ce soit pour retenir de nouvelles règles, trouver la stratégie gagnante ou réactiver les connaissances fraîchement acquises lors de la mini-conférence !
Avec Eurêkartes, S[cube] continue de proposer des moments conviviaux où science et jeu se rencontrent,
pour découvrir la recherche autrement.
Rendez-vous en 2026 dans toute l’Île-de-France pour d’autres éditions de Eurêkartes, la soirée où la science se prête au jeu !
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