Retour sur la sixième édition d’Eurêkartes, la soirée où les sciences se prêtent au jeu ! Eurêkartes #6 a eu lieu le 20 février 2026 au café culturel « Cool Beans » à Versailles.
Une première édition yvelinoise
Depuis sa création en 2025, le rendez-vous scientifique et ludique Eurêkartes a pris racine en Essonne, où se sont tenues les cinq premières éditions. Dès l’origine, S[cube] portait l’ambition d’ouvrir ce format à d’autres territoires afin d’aller à la rencontre de nouveaux publics et de renforcer l’accès aux sciences à l’échelle francilienne. Aujourd’hui, grâce au soutien de la Région Île-de-France, cette dynamique prend forme : Eurêkartes s’exporte pour la première fois dans les Yvelines, marquant une nouvelle étape dans son développement.
Un sujet de recherche rafraîchissant
La septième édition d’Eurêkartes s’est tenue le 20 janvier 2026 au café Cool Beans, à Versailles. L’invitée du jour était Léa Baubant, doctorante au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement – LSCE et au Laboratoire de Géosciences Paris-Saclay – GEOPS.
Son intervention, à la narration riche et captivante, a plongé le public dans les coulisses de la paléoclimatologie – l’étude des climats du passé – et de la glaciologie, montrant comment les glaces polaires constituent de précieuses archives du climat terrestre.
La soirée s’est poursuivie avec une session de jeux de société, dont un jeu portant le nom du projet européen Beyond EPICA, un programme de recherche consacré au forage de glaces anciennes en Antarctique pour mieux comprendre l’histoire climatique de la Terre.
Il était une fois l’apéro…
Léa débute sa mini-conférence de vingt minutes avec l’histoire de Claude Lorius, chercheur en expédition en Antarctique.
En 1960, par une température de -30°C, le glaciologue fait une pause et utilise des glaçons naturels dans son whisky, qui se met à buller. Il comprend ainsi que la glace de l’Antarctique contient des petites bulles qui renferment de l’air emprisonné dans le passé. L’analyse de l’air de ces « capsules temporelles » donnent ainsi accès à de précieuses informations sur les climats anciens.
Un bel exemple de sérendipité !
Étudier le climat passé avec de la glace ?
À la recherche de carottes glacées
L’étude des climats passés nécessite de forer des grands cylindres de glace qu’on appelle des carottes. Les projets de forage utilisant du matériel onéreux font donc l’objet de partenariats entre plusieurs pays. Léa, elle, participe au projet européen Beyond EPICA.
Récupérer des échantillons en Antarctique n’est pas chose aisée. La saison de forage se concentre sur une courte période de l’été austral, lorsque la température avoisine les -30 °C (contre -70 °C durant l’hiver austral). C’est une véritable course contre la montre avant le retour de l’hiver. Environ dix mètres de glace sont forés chaque jour. À la fin de la saison, les scientifiques regagnent leurs laboratoires. Les carottes de glace, elles, arrivent plus tard : elles doivent être transportées avec précaution et conservées en continu à -30 °C.
Dans la chambre froide de son laboratoire, à -20 °C, Léa analyse les gaz piégés dans les carottes de glace. Le dioxyde de carbone (CO₂) est un indicateur clé du climat passé : sa concentration est étroitement liée à la température.
Si ses variations ont longtemps suivi des cycles naturels alternant périodes glaciaires (environ 100 000 ans) et interglaciaires (environ 10 000 ans), l’activité humaine en perturbe aujourd’hui l’équilibre en augmentant rapidement la concentration de CO₂ dans l’atmosphère, renforçant ainsi l’effet de serre.
La recherche de Léa
Un moment ludique et immersif
Après une présentation riche en échanges et en questionnements, les participant·es ont prolongé la soirée autour d’une sélection de jeux aux accents polaires : Arctic, Andor, Bomb Arctic, ainsi que Beyond EPICA, jeu de médiation directement issu du projet scientifique du même nom.
Si Beyond EPICA permet d’explorer de manière ludique les enjeux de la glaciologie, les autres jeux prolongent l’immersion dans des univers glacés et extrêmes. Une façon de montrer que sciences et jeux de société peuvent dialoguer, se répondre… et offrir différents angles pour rester, le temps d’une soirée, sur une même face de l’iceberg.
Avec Eurêkartes, S[cube] continue de proposer des moments conviviaux où science et jeu se rencontrent,
pour découvrir la recherche autrement.
Rendez-vous en 2026 dans toute l’Île-de-France pour d’autres éditions de Eurêkartes, la soirée où la science se prête au jeu !
Soutien financier
L’action Eurêkartes est soutenue par la Région Île-de-France.
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